Politique de la Ville : se mobiliser ensemble !

La semaine dernière, Jacques Mézard Ministre de la cohésion des territoires et Julien Denormandie, secrétaire d’Etat, ont présenté la stratégie gouvernementale pour les habitants des quartiers prioritaires. Au programme : un soutien de 15 millions d’euros aux associations, la relance de la rénovation urbaine et la signature d’un pacte avec les entreprises.

40 ans de Politique de la Ville nous conduisent à beaucoup d’humilité : plus de cinq millions de personnes habitent dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV) dont plus de 42% sous le seuil de pauvreté (France métropolitaine).

Cette fois, pas d’énième plan banlieue, pas d’effets d’annonce, encore moins d’effets de manche, mais une véritable méthode de travail : la politique de la Ville ne sera pas une politique en silos mais interministérielle et transversale.

Chaque ministère, selon son champ d’action, prend en compte la situation des quartiers et des habitants dans le cadre de sa politique. C’est un changement fondamental dans notre façon de travailler et d’arbitrer.

Une certitude, les crédits politique de la Ville sont sanctuarisés à hauteur de 430 millions d’euros par an sur le quinquennat. Et une conviction, « l’Etat ne réussira pas tout seul » pour lutter contre les inégalités de destin et l’assignation à résidence dans les quartiers.

15 millions d’euros pour les associations

Depuis la fin des contrats aidés, coûteux et peu efficaces, les associations étaient légitimement inquiètes.

Jacques Mézard a annoncé que des fonds seraient abondés pour soutenir le secteur associatif à hauteur de 15 millions d’euros par an, dès 2019, notamment avec la création de 1000 postes adultes relais supplémentaires et le doublement du nombre de postes FONJEP financés dans les quartiers (subvention attribuée à une association afin de participer au cofinancement du salaire de personnels permanents).

˜ En outre, pour soutenir l’emploi associatif, en janvier dernier, un nouveau dispositif, appelé Parcours emploi compétence (PEC), a été créé. Ces contrats sont destinés à permettre une insertion durable avec un accompagnement personnalisé. Le montant de l’aide accordée aux employeurs (prise en charge) est de 50 % du Smic brut en Région Nouvelle-Aquitaine.

« Le retour des grues dans les quartiers »

Dans le cadre d’un nouveau programme, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) double son enveloppe pour la requalification des quartiers passant de 5 à 10 milliards d’euros.  Pour une plus grande efficacité et une priorisation au plus près des quartiers, l’Anru décentralise sa prise de décision à l’échelle départementale pour les 250 projets d’intérêt régional, et augmentera le nombre d’opérations anticipées lancées pour la transformation des quartiers.

C’est le cas à Bordeaux, à la Cité de la Benauge et dans le quartier des Aubiers sur la 1ère circonscription, où la réhabilitation des parcs de logements sociaux et le renouvellement de logements en petits collectifs sont en cours. Je rencontrerai en septembre prochain le Directeur national de l’Anru afin d’étudier avec lui la situation dans nos quartiers et disposer d’une vision d’ensemble.

Signature d’un pacte avec les entreprises

Le gouvernement fait de l’insertion professionnelle l’une des clés de lutte contre « l’assignation à résidence » dans les quartiers. Trois entreprises françaises pionnières, Adecco, la fédération régionale des travaux publics d’Ile-de-France et AccorHotels Group, se sont engagées en signant le PAQTE (acronyme pour « Pacte Avec les Quartiers pour Toutes les Entreprises »). L’objectif : soutenir les entreprises développées dans les quartiers prioritaires, favoriser l’accès au monde de l’entreprise pour les stages de 3ème mais aussi faciliter l’apprentissage et in fine, le recrutement. Une centaine de grandes entreprises françaises ont été reçues par Emmanuel Macron afin de « prendre leur part » à ce dispositif.

˜ J’ai entamé un travail de fond avec la Mairie de Bordeaux, les services de l’État, des entreprises bordelaises du Numérique et des associations pour développer, sur la 1ère circonscription de Gironde, une expérimentation innovante d’émancipation par la formation et l’emploi. Le principe : partir du besoin des entreprises locales sur le bassin d’emploi et bâtir des filières de formation ad hoc, en apprentissage. 

 

Jacques Mézard a annoncé mercredi le lancement d’un « Tour de France des territoires en action » qu’il effectuera avec un collègue ministre, selon une thématique préétablie.

Chaque étape prendra la forme de « rencontres de solutions » visant à mettre en valeur les actions locales et les porter au niveau national.

Je l’invite officiellement à passer par Bordeaux dont les quartiers de la 1ère circonscription de Gironde sont un exemple concret d’expérimentations, d’énergie et de volontarisme. Il reste beaucoup à faire mais l’élan est prometteur !

L’ensemble des mesures et des engagements du Gouvernement en faveur des habitants des quartiers sont à retrouver en cliquant sur le lien ci-dessous :

http://www.cohesion-territoires.gouv.fr/les-engagements-du-gouvernement-en-faveur-des-habitants-des-quartiers