(Re)Nouer le dialogue

Comme bon nombre de mes collègues je suis interpellée en ce moment par mail ou sur les réseaux sociaux. J’y réponds en toute transparence comme je le fais pour tous les citoyens qui m’interrogent sur mon travail parlementaire. 

En préambule, et j’ai eu l’occasion de le préciser lors de différentes interventions dans les médias, je ne suis pas, à l’instar de mes collègues élus de La République En Marche, insensible à cette colère des « Gilets Jaunes ».

En tant que responsable politique mais aussi et surtout en tant que simple citoyenne que je suis encore, je souhaite qu’un dialogue se crée.

Nous devons expliquer les raisons de nos réformes et les objectifs que nous visons, sans relâche, et faire de la pédagogie dès que nous en avons l’occasion.

La plupart des manifestants sont dans la rue car ils ressentent une forme d’injustice, une fracture entre les territoires, une difficulté à boucler les fins de mois… Ce sentiment, je le comprends d’autant plus qu’il est à l’origine de l’engagement d’Emmanuel Macron et par conséquent, du mien.

La colère qui s’exprime aujourd’hui est la conséquence des politiques menées depuis plus de 20 ans. Les réformes sont devenues indispensables. Nous en avons engagé un certain nombre, mais on n’obtient pas en 18 mois les résultats que des années d’inertie ont empêché.

Voici un message reçu cette semaine de la part de « GJ » et ma réponse.

Bonjour Madame la députée

@SIPA

Étant membre des gilets jaunes, nous sommes un certain nombre, à nous poser des questions sur votre parti politique qui relève plus de la dictature que de la démocratie. En parallèle, nous vous demandons des comptes, car oui chère madame, c’est grâce et à cause de nous, que vous en êtes là. Quelles sont vos actions ? Quel est votre budget ? Qui employez-vous ? Quelles sont vos partenaires ? Quel lien économique avez-vous avec eux ? Que faites-vous ? Quel est votre taux de présence à l’assemblée. Toutes ces questions ne doivent restées sans réponse. Sans retour de votre part, avant la fin de la semaine et non de votre agence de communication, nous serions dans l’obligation, madame la députée de venir vous demander des comptes en face à face.

Recevez mes sincères salutations

GJ

 

Monsieur,

J’accuse réception de votre mail.

En dépit du ton menaçant de vos propos, vous êtes tout à fait en droit de disposer de ces informations qui sont par ailleurs publiques et publiées. Vous pouvez les retrouver soit sur le site de l’Assemblée nationale soit sur mon site dominiquedavid.fr.

Voici mes réponses en détail.

Quelles sont vos actions ? 

Je suis membre d’une majorité parlementaire et à ce titre, engagée sur l’ensemble des sujets parlementaires.

Je suis plus particulièrement membre de la Commission des Finances à l’Assemblée nationale et rapporteure d’une mission sur les engagements financiers de l’Etat, autrement dit la charge de la dette.

La Commission des finances est chargée de l’examen du budget. Elle examine le Projet de Loi de Finances avant sa discussion et son vote par le Parlement.

Je suis également membre de 9 groupes de travail (Quartiers Politique de la Ville, Inclusion Numérique, Mariteam/politique de la Mer…) sur des sujets ou dossiers qui concernent directement ou indirectement la 1ère circonscription de Gironde (quartiers prioritaires, Port de Bordeaux…).

Enfin, je travaille en circonscription à engager et faciliter des expérimentations locales de la politique nationale, notamment en matière de financement des entreprises avec par exemple la création d’un Fonds d’épargne régionale qui devrait permettre d’investir, même de petites sommes, localement dans des entreprises locales.

Mon agenda est mis en ligne chaque semaine sur la page d’ouverture de mon site dominiquedavid.fr et diffusé sur tous les réseaux sociaux. Il vous permet de voir très exactement ce que je fais chaque jour.

Quel est votre taux de présence à l’Assemblée ? 

Certains sites sont spécialisés dans le recensement de l’activité législative des parlementaires. En revanche ils ne tiennent compte que de l’activité officielle (dépôt d’amendements, questions écrites, interventions en séance) et pas des temps de réunions, des groupes de travail ou encore des rendez-vous (Ministères etc).

De manière générale, je suis en circonscription les lundi, jeudi après-midi et vendredi. En période de Projet de Loi de Finances,  je suis bien souvent à l’Assemblée du lundi au vendredi et parfois de permanence la nuit ou le week-end.

Quel est votre budget ? 

Vous pouvez tout à fait disposer de ces informations qui sont publiques et publiées sur le site de l’Assemblée nationale. L’indemnité mensuelle nette du député est de 5 362, 92 euros par mois.

http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/role-et-pouvoirs-de-l-assemblee-nationale/le-depute/la-situation-materielle-du-depute

A cela s’ajoute un défraiement qui, depuis la Loi pour la confiance dans la vie politique (sept. 2017), est réalisé sur la base de justificatifs des frais réellement engagés (ex. location de la permanence, frais d’organisation d’une réunion publique par exemple, site internet pour rendre compte de mon activité justement, logement à Paris, forfait téléphonique…).

Qui employez-vous ? 

J’ai une équipe de 3 collaborateurs : 2 à Bordeaux en circonscription sur les dossiers locaux, 1 à Paris avec un profil plus législatif.

Quels sont vos partenaires ?

Je n’ai pas de partenaires et par conséquent aucun lien économique avec qui que ce soit.  Je n’ai pas non plus d’agence de communication pour répondre à ma place.

Vos questions sont légitimes et je pense sincèrement que nous pouvons avoir un échange direct et transparent sans menace ni tentative d’intimidation.

Je suis une femme de dialogue et je ne refuse jamais le débat d’idées.

Je vous prie de croire, cher Monsieur, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Dominique DAVID

Députée de la 1ère circonscription de Gironde.