Mission d’information parlementaire Impact #GiletsJaunes à Bordeaux

Nommée membre de la mission parlementaire « Impact gilets jaunes » en mai dernier, j’ai accueilli lundi mes collègues venus sur le terrain écouter les commerçants et les institutions locales, et mesurer les conséquences de ce mouvement à Bordeaux.

« J’ai tout perdu », « mon commerce a été détruit », « la banque ne m’a pas soutenue », « les assurances m’ont lâchée » … Toutes les histoires sont singulières et toutes particulièrement émouvantes.

C’est une double violence à laquelle les commerçants de Bordeaux doivent faire face.

Celle des jets de pavés, des barres de fer ou de l’odeur de l’essence répandue pour tout brûler, des samedis qui se sont répétés jusqu’au printemps ; et celle de la lutte pour la survie de leur outil de travail et parfois la précarité à laquelle ils sont aujourd’hui confrontés.

Des commerçants fragilisés

Mais la colère se teinte aujourd’hui d’inquiétude : la baisse du chiffre d’affaires cumulée atteint 20 à 30% pour nombre d’entre eux dans le centre de la ville.

La difficulté quand « on tape dans la Tréso », c’est de ne pas tenir sur la durée. Pour les plus fragiles, les indépendants, les plus récemment installés, la rentrée s’annonce compliquée. Pourront-ils tenir jusqu’à la fin de l’année ?

Partout néanmoins, les commerçants saluent la réactivité des administrations (Impôts, Urssaf…) – même si le temps politique n’est pas celui de l’entreprise – et celui des institutions et collectivités réunies autour d’un fonds de soutien dont les commissions se tiennent chaque semaine.

Distinguer les spécificités de chacun dans le traitement des dossiers est souvent complexe, les critères d’attribution n’étant pas suffisamment adaptés aux situations particulières.

Retrouver la gaieté dans la ville 

La solidarité des commerçants n’est pas légendaire et leur organisation est millimétrée, pendant le mouvement et depuis, autour de La Ronde des quartiers, qui a permis à beaucoup d’entre eux de sortir la tête de l’eau.

« Retrouver la gaieté dans la ville » c’est par ces mots que le Président de l’association, Christian Baulme, définit l’enjeu des prochains mois.

Revitaliser, animer, relancer l’attractivité des commerces et faire revenir celles et ceux qui ont déserté Bordeaux depuis l’hiver, touristes mais aussi locaux, sont les maîtres mots de leur action collective.

Ainsi, la célèbre braderie annuelle démarre dès aujourd’hui mercredi 17 juillet et durera une journée supplémentaire. Dans certains quartiers, les commerçants proposent des nocturnes ou des animations spécifiques. Enfin, un plan d’actions commerciales ad hoc sera mis en place à compter de la rentrée.

 

Damien Adad, Président de la Mission, Lise Magnier, Vice-présidente, Roland Lescure et J.-R. Cazeneuve, rapporteurs, Maribel Bernard, adjointe au maire de Bordeaux en charge du commerce.

Dès mercredi, un rapport d’étape

Composée à la fois de parlementaires de la Commission des Finances et des Affaires économiques, de la majorité et de l’opposition, la mission d’information chargée d’évaluer l’impact socio-économique du mouvement des Gilets Jaunes rendra un premier rapport d’étape dès ce mercredi 17 juillet.

« Ce n’est pas du Gilets Jaunes bashing » souligne Roland Lescure, Président de la Commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale et rapporteur de la mission. Il s’agit d’évaluer les conséquences concrètes des manifestations qui ont dégradé nos centres-villes pendant plus de 6 mois, et de trouver des solutions à des problèmes locaux, en utilisant notre pouvoir de relais, en appuyant des dossiers ou en faisant remonter auprès de fédérations nationales (banques, assurances etc.) des disfonctionnements avérés.

Lors des nombreuses auditions à l’Assemblée nationale, mais aussi en déplacements à Toulouse, Rouen ou Bordeaux, notre mission s’est donnée 3 objectifs : écouter, évaluer, et proposer des mesures supplémentaires d’accompagnement.

 

La synthèse du rapport de la Mission d’information à consulter ici ⤵️