Ambassadrice pour les quartiers politique de la ville

Le 14 novembre 2017, inspirés par le discours du président de la République à Roubaix, nous députés du groupe La République En Marche, investis dans les quartiers prioritaires, avons décidé de nous regrouper pour travailler ensemble à une transformation en profondeur de la politique de la ville.

Le 24 janvier 2018, le groupe de travail a lancé son réseau de députés-ambassadeurs à Trappes. En présence du maire de la ville et de 18 parlementaires qui ont effectué un parcours urbain ponctué par des échanges avec les habitants et les acteurs locaux.

Ce groupe de travail se réunit deux fois par mois à l’Assemblée nationale puis dans d’autres villes de France tout au long de l’année.

Nous engageons un tour de France des quartiers prioritaires pour voir sur le terrain toutes les initiatives locales qui fonctionnent et valent d’être dupliquées.

Comme nous l’avons fait à Trappes, je déploierai localement cette initiative dans les quartiers prioritaires de la première circonscription, avec toutes les énergies volontaires, tant associatives qu’institutionnelles. Je serai ainsi associée au travail mené par les services déconcentrés ce qui me permettra d’exercer ma mission d’évaluation des politiques publiques, de contrôle de l’action gouvernementale ainsi que d’être force de proposition.

Tandis que Jean-Louis BORLOO a remis le jeudi 26 avril 2018 son rapport sur les quartiers prioritaires de la politique de la ville, j’ai co-signé dans Marianne une tribune avec 67 députés de notre Groupe de travail  posant les conditions de la réussite de ce prochain plan.

TRIBUNE : Rapport Borloo : « Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi », par 68 députés LREM

La proposition d’un plan d’actions et d’investissements dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) pour améliorer la qualité urbaine est détaillée ce 26 avril par Jean-Louis Borloo. Et nous sommes heureux de constater que les premières annonces de ce qu’il présentera vont dans le bon sens. C’est un signal fort qui conforte notre refus du statu quo et le refus d’une vision politique qui a trop longtemps enfermé ces quartiers sur eux-mêmes.

Nous tenons à rappeler les mesures destinées à nos concitoyens qui ont été prises ou annoncées par l’exécutif depuis l’élection d’Emmanuel Macron, conformément à ses engagements de campagne : dédoublement des classes de CP et CE1 en zones d’éducation prioritaire, doublement des crédits de l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) pour atteindre 10 milliards d’euros, lancement de la Police de sécurité du quotidien (PSQ) et des quartiers de « reconquête républicaine », ou encore 15 milliards d’euros pour la formation professionnelle sur cinq ans qui profitera notamment aux habitants des quartiers défavorisés.

Les emplois francs, une mesure forte

Il convient de penser l’habitat dans sa globalité, d’investir dans l’humain, de redonner leur place aux services publics et de soutenir le développement économique dans les quartiers. Le projet de loi sur le l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ÉLAN) doit permettre d’engager un débat national sur le cadre de vie urbain.

Le dispositif des emplois francs lancé à Clichy-sous-Bois par la ministre du travail, Muriel Pénicaud, le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, et le secrétaire d’Etat, Julien Denormandie est une mesure forte qui s’inscrit dans cette lutte contre l’exclusion que la République doit mener. Nous nous félicitons que l’amendement porté par le Gouvernement dans la loi de finances 2018 ait été adopté afin de permettre le déploiement des emplois francs dès 2018 dans près de 200 quartiers, avant une généralisation en 2020.

Mais surtout, il est nécessaire d’associer celles et ceux à qui ces politiques sont destinées. Nos concitoyens habitants dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville souhaitent être les acteurs de leur quotidien et de leur avenir, avec l’État, les parlementaires, les élus locaux, les entreprises et les associations. C’est un impératif éthique et démocratique conforme aux souhaits de notre gouvernement de renouveler les pratiques.

« Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi », disait Nelson Mandela. Exigeants et mobilisés, nous serons attentifs à ce que le plan de mobilisation nationale en faveur des quartiers prioritaires de la politique de la ville, soit suffisamment ambitieux et réponde à des objectifs de pragmatisme, de subsidiarité et d’efficacité.

Que les habitants soient associés aux décisions qui les concernent

En même temps, nous demandons instamment que les habitants soient associés localement aux décisions qui les concernent. Sans eux la nouvelle mobilisation en faveur des quartiers prioritaires sera un nouvel échec. Ces territoires et leurs habitants sont et resteront une préoccupation essentielle de ce quinquennat. C’est pourquoi les pouvoirs publics, avec les partenaires qui le souhaitent, pourraient renforcer la participation citoyenne.

C’est précisément le sens du discours fondateur de président de la République à Roubaix-Tourcoing en novembre 2017. Nous devons maintenant accélérer. Alors qu’un mouvement d’attente forte a commencé à se faire entendre dans les banlieues, suite notamment à la démission du maire de Sevran le 27 mars dernier, nous affirmons avec force que jamais un Président de la République n’avait tenu un tel discours de vérité sur les quartiers dans notre pays. Députés de la majorité, nous sommes prêts à porter les ambitions du Président pour les quartiers populaires.